Charte

CHARTE DE LA SOUVERAINETE

La France a, depuis longtemps, cessé de nous renvoyer l’image que nous avons d’elle. Mais, aujourd’hui, le processus s’accélère. Entrée dans la voie de la décomposition, sa souveraineté en lambeaux, la France est menacée de disparaître et sa voix dans le monde s’éteint. Cette spirale mortelle n’est pas le fruit d’un accident indépendant de la volonté des hommes, elle est le résultat de la politique menée, depuis des lustres, par des gouvernements de droite comme de gauche qui ont sacrifié l’indépendance nationale à des systèmes supranationaux, l’Union européenne en premier lieu, mais aussi l’OMC, le FMI, la Banque mondiale.
UN BILAN DESASTREUX


Une souveraineté en lambeaux

Au fil des traités européens, la France s’est laissée déposséder des pouvoirs régaliens. Peu à peu elle se dilue dans l’Union européenne au profit de laquelle elle a aliéné sa souveraineté, renoncé à sa monnaie, cédé la maîtrise de ses lois, de sa diplomatie et de ses armes.
Conséquence inéluctable de ce système, la souveraineté populaire se réduit comme peau de chagrin. 80% de notre législation est aujourd’hui d’origine bruxelloise. Tenu à l’écart des décisions qui engagent sont destin, le peuple français n’a pas été consulté, depuis dix ans, sur les transferts de souveraineté à l’Union européenne.
Supposée lui assurer un surcroît de puissance, l’Europe de Maastricht, d’Amsterdam et de Nice condamne la France à l’effacement. Rivée à l’horizon européen, la France a abdiqué sa vocation mondiale.
Ce dépérissement de la souveraineté nationale et populaire s’intègre dans le mouvement plus vaste du mondialisme, autre nom de l’américanisation, dont le recul du français dans le monde au profit de l’anglais, les atteintes au contenu de notre langue, les progrès de la colonisation culturelle sont les conséquences logiques.

Un Etat impuissant

Dépouillé de ses fonctions régaliennes, l’Etat se montre trop souvent incapable d’assumer ses missions. Les manifestations de cette impuissance sont multiples.
Le développement de l’insécurité lié à la montée d’un climat de violence dans la cité et à l’école et aux progrès de la délinquance petite et grande va jusqu’à la création de zones de non-droit.
Le recul de l’Etat a pour corollaire les progrès de la déréglementation, l’abandon de la politique d’aménagement du territoire et, pour finir, la dissolution du lien social.
Trop souvent, l’Education n’est plus nationale que de nom.
Complaisant à l’égard des ethnicismes et des communautarismes en tous genres, l’Etat assume de plus en plus mal sa fonction de gardien de l’unité nationale.

LA RENCONQUÊTE DE LA SOUVERAINETE
Au regard de la gravité du mal, il apparaît donc qu’il ne s’agit plus seulement de défendre la souveraineté de la France, mais bien de la reconquérir.

Une nouvelle organisation de l’Europe

La reconquête de la souveraineté commencera là où elle a été perdue. Il s’agit de rompre avec la marche à un Etat fédéral européen et de donner à l’Europe une nouvelle organisation fondée sur la coopération entre des nations souveraines. Ce renversement de perspectives passe par :

  • L’affirmation de la primauté du droit français sur toute norme supranationale
  • La révision des traités de Maastricht, d’Amsterdam et de Nice pour la renationalisation des pouvoirs régaliens
  • L’abandon de la procédure de la décision à la majorité pour toute question touchant les pouvoirs régaliens
  • La réactivation du « compromis de Luxembourg »

Le combat pour la souveraineté de la France appelle à la mobilisation contre toute constitution européenne qui achèverait de dissoudre la France dans une superstructure supranationale.
Tout traité devra être soumis à l’approbation du peuple français par la voie du référendum. Le peuple français ne sera engagé par aucun traité sur lequel il n’aurait été préalablement consulté.
Enfin il importera que le droit à la sécession soit reconnu et que les conditions juridiques et pratiques de son exercice soient fixées.

La maîtrise de la diplomatie et de la défense

Si important qu’il soit, la France ne peut enfermer sa politique dans le seul horizon européen. Loin de prôner le repliement sur soi, une politique étrangère fondée sur l’exigence de la souveraineté ouvre la France sur le monde. De par son histoire comme de par sa présence ou son influence sur les autres continents, celle-ci a vocation à mener une politique mondiale. Elle doit notamment développer une présence active en Méditerranée et dans le monde arabe, renouer des liens étroits avec ses partenaires traditionnels de l’Afrique francophone. Partout dans le monde, la défense de la francophonie doit avoir pour elle la valeur d’une ardente obligation.
L’armée française, de quelque façon qu’on l’organise, doit être aux ordres exclusifs des autorités nationales légitimes. Où qu’elle intervienne, elle ne doit agir q’au service exclusif de l’intérêt national. Enfin la France doit conserver la possession et la maîtrise sans partage des moyens d’une dissuasion nucléaire efficace, en toutes circonstances et contre tout ennemi quel qu’il soit.

La maîtrise des finances et des frontières

L’exercice de sa souveraineté suppose également que la France dispose de la maîtrise de ses finances, notamment de sa fiscalité et de son déficit public. Il s’ensuit que tout projet d’un impôt européen, corollaire inéluctable d’une constitution européenne, doit être rejeté.
Il importe encore que la France retrouve la maîtrise de sa politique commerciale, ce qui induit qu’elle recouvre le contrôle de ses frontières, condition nécessaire à une lutte efficace contre les fraudes, les marchés noirs et les trafics en tous genres. La mise en place de cette politique a pour préalable la renégociation du traité de Schengen. A la communautarisation des frontières, il faut substituer une étroite coopération des polices et des douanes des différents Etats européens.

L’impérieuse nécessité de la restauration de l’Etat

Ces différentes missions supposent une restauration de l’Etat.

Il est d’abord du devoir de l’Etat gardien de l’unité nationale de s’opposer à toute menace qui la met en péril.
Il entre également dans les devoirs de l’Etat d’assurer la sécurité des citoyens. Il devra se donner les moyens de restaurer l’autorité dans la cité et à l’école. La disparition des zones de non-droit sera une de ses tâches prioritaires.
Il revient encore à l’Etat d’assurer les conditions de la cohésion sociale par :

  • L’arrêt de la politique de déréglementation
  • La défense des services publics
  • La mise en place d’une politique de Participation dans la cité comme dans l’entreprise
  • La relance de la politique d’aménagement du territoire
  • La réhabilitation de la famille
  • La maîtrise des flux migratoires
  • La mise à l’honneur de l’acquisition de la citoyenneté française qui doit résulter d’un acte volontaire et revêtir une certaine solennité.

Une attention spéciale sera accordée à l’éducation nationale. Pour mériter son nom, elle doit se fixer pour mission de préparer la jeunesse française à prendre sa place dans la collectivité nationale. Cette ambition lui fixe pour devoir que chaque jeune Français acquière la maîtrise de sa langue maternelle. La connaissance des grands textes de la littérature française et la réhabilitation de l’enseignement de l’histoire serviront aussi à cette fin. L’éducation des citoyens ne doit cependant pas s’arrêter avec la formation initiale. Tout au long de leur existence, les Français doivent pouvoir développer leurs connaissances. L’égalité d’accès au savoir doit être une exigence forte du XXI° siècle. Pour permettre de la réaliser, les pouvoirs publics accorderont à chaque citoyen un droit à l’éducation qui sera d’autant plus long que la formation initiale aura été plus court.

En définitive, une politique inspirée par l’exigence de la souveraineté nationale et populaire se fixera pour objectifs prioritaires :

  • Reconquérir la souveraineté perdue
  • Refaire de la France une voix dans le monde
  • Rendre les Français à la France
  • Redonner à la souveraineté populaire son instrument d’action collective

Cette reconquête de la souveraineté de la France passe par l’adoption d’une stratégie de rupture avec un système à bout de souffle fondé sur la négation de la liberté de la France et des Français. Aujourd’hui que la France n’est plus maîtresse de ses choix, le débat politique tend à se résumer aux jeux stériles de luttes de clans pour un pouvoir qui n’en a plus que les apparences. Pour donner le change, les partis singent, le temps d’une élection, les combats de la droite et de la gauche. Mais, moins que jamais, la France, ce n’est ni la droite ni la gauche. Le temps est venu de placer l’exigence de la souveraineté nationale et populaire au cœur du débat politique. Contre le renoncement des gouvernants, contre la faillite des élites, le temps est venu de préparer la force du recours.